Du 3 au 16 juillet, les meilleurs tennismen mondiaux se retrouvent sur la pelouse londonienne de Wimbledon. Pour participer à l'avant-dernier tournoi du Grand Chelem de l'année, ils vont se plier à quelques règles de bienséances inévitables. Le port d'une tenue blanche est par exemple obligatoire. Et oui, Wimbledon, c'est un peu comme une machine à laver : on ne mélange pas le blanc et la couleur. Tu as beau t'appeler Roger Federer, tu vas couvrir immédiatement ces semelles oranges que je ne saurais voir. Mais pourquoi les anglais son-ils si à cheval sur cette règle? British elegance.
En 2013, Roger Federer créait le scandale à Wimbledon avec des semelles orange ©AFP/Getty ImagesWimbledon, c'est le plus ancien des tournois du Grand Chelem. La première édition remonte à 1877. Depuis, la tradition anglaise veut que les joueurs arborent une tenue blanche, couleur de la pureté et de l'élégance. Ce n'est qu'en 1963, sur demande de la reine, que le règlement du tournoi obligera les joueurs à porter une tenue ou "le blanc doit prédominer". Dans le même esprit, jusqu'en 2003, la révérence à la Royal Box (tribune où sont placés les membres de la famille royale) sera obligatoire. Aujourd'hui, cette salutation ne l'est que si la reine est présente, ce qui est plutôt rare.
La règle du "blanc prédominant" deviendra en 1995 celle du "presque entièrement blanc". Alors, certes, on joue sur les mots : les tenues doivent toujours être blanches. Mais, une bande de couleur de moins d'un centimètre, au niveau des manches, est permise. Les logos couleurs des sponsors et équipementiers ne doivent également pas mesurer plus d'un centimètre. Pour les rebelles dont la tenue n'a pas été validée par le All England Lawn Tennis and Croquet Club, instance organisatrice du tournoi, les anglais ont pensé à tout : une tenue de secours homologuée leur sera prêtée.
Roger Federer a donc fait parler de lui en raison de semelles orange en 2013. "J’aime porter du blanc, mais j'estime qu'ils vont trop loin à Wimbledon, leur dress code devient ridicule" déclarait le suisse. En 2002, Anna Kournikova allait s'entrainer quand les organisateurs lui ont demandé de changer son short noir pour rentrer sur le court. Autre shocking clothes marquant: en 1985, Anne White (qui porte bien son nom) et sa combinaison blanche (certes) mais très moulante. Faut-il préciser que les tenues sexy ne sont pas plus appréciées par Sa Majesté, qui patronnait jusqu'en 2016 la All England Lawn Tennis and Croquet Club, que les tenues de couleur ? Le short en jean d'André Agassi avait également créé la polémique, tout comme la culotte orange de Maria Sharapova en 2013. Quant à la danoise Caroline Wozniacky, elle a déclaré "It's pretty creepy", en français "C'est plutôt glauque" après que des joueuses se soient plaintes d'excès dans le check-up de la tenue vestimentaire. On leur aurait déjà demandé de retirer leur soutien-gorge s'il n'était pas blanc.
La culotte orange de Sharapova n'est pas conforme au règlement de Wimbledon ©Anja Niedringhaus/AP
Le short en jean d'Agassi a été banni. Mais ce n'est pas plus mal.