
C’est avec Outward, RPG réaliste et exigeant, que Deep Silver et Nine Dots Studio vous proposent de devenir un héros.
En poussant le degré de préparation et de survie à ses limites, Outward offre une expérience du jeu de rôle un peu plus savante et originale que d’autres titres dans cette même veine. Au-delà de l’équipement classique, il vous faudra gérer vos réserves de nourriture périssables (parfois toxique), d’eau (potable et non-croupie), votre sommeil ou encore certains facteurs météos pour parvenir à traverser les terres hostiles d’Aurai sans accroc. Après avoir choisi votre personnage à l’aide de module de personnalisation relativement sommaire, il est temps de faire vos premiers pas dans la cité de Cierzo, et vous n’avez rien, bien entendu …

Alors que vous n’étiez qu’une personne comme les autres, une dette envers votre peuple vous oblige à partir à l’aventure, à l’extérieur des murs protecteurs de la ville dans laquelle votre périple commence. Et bien entendu, c’est là le début d’une grande aventure qui vous attend. Parmi votre équipement de base, il sera indispensable de compter sur un sac à dos, car vos poches ne suffiront jamais pour transporter votre couche, de quoi vous battre, de quoi vous éclairer ou vous soigner.
Cependant, plus vous chargerez celui-ci, plus votre mobilité sera réduite. Il est donc conseillé de préparer les vivres avec soin, de ramasser les loot ou crafter les matières premières avec discernement, mais également de s’assurer d’être le plus léger possible avant d’engager le combat. Vous avez ainsi la possibilité de déposer/reprendre votre sac à loisir. Restez vigilants, car si vous mourrez (ce qui risque très probablement de vous arriver), il vous faudra regagner le lieu de votre mort pour récupérer votre précieux compagnon de tissu (ainsi que son contenu)

En réalité, dans Outward, vous n’êtes jamais vraiment mort. Dès que vous perdez connaissance, un évènement aléatoire se produit (vous êtes sauvé in extrémis par un vagabond, vous êtes capturés par des bandits …) et l’histoire se poursuit en conséquence. Souvenez-vous donc que chacun de vos choix aura une incidence sur l’ensemble de votre histoire, et que vous ne pourrez jamais revenir en arrière, quoi que fusse l’issue de votre dernière rencontre …
Jamais le jeu ne vous prendra par la main, et au même titre que pour vos rations de nourriture, vous devrez souvent vous contenter de peu pour réaliser les différentes quêtes possibles. Parfois loin de votre sac lorsque vous mourrez, sans aucun indice de votre position sur la carte, seuls votre boussole et votre sens de l’orientation pourront vos sortir de vos mauvais pas. Outward mise donc sur une immersion très pointue dans un monde hostile et fantastique.

Il n’est jamais question de prophétie ou grande quête, vous êtes un habitant classique de Cierzo, et vos besoins sont aussi basiques qu’ordinaires : manger, boire, dormir. Mais c’est de ces besoins naturels et basiques que provient également votre aventure.
Car sur les terres d’Aurai, la soif, la faim, la fatigue, la maladie, le froid sont autant d’ennemis supplémentaires potentiels pour vous. Vous ne devrez donc pas seulement vous focaliser sur les créatures qui vagabondent mais faire preuve également de bon sens et de raison avant (et pendant) votre aventure. Car chaque erreur sera décisive pour la suite.

C’est peut-être le point le plus important dans ce jeu, vous ne gagnez jamais de point d’expérience, et vous ne montez pas de niveau. La difficulté est la même pour tous. Et si l’envie va probablement vous prendre pendant vos premières heures de découverte d’aller en découdre avec les monstres et bêtes sauvages, il est très probable que ces premiers affrontements vous fassent passer l’envie de recommencer.
Du moins, pas sans un équipement digne de ce nom. Dans Outward, se battre c’est risquer d’être blessé, donc affaibli voire parfois contaminé. Si vous le pouvez, fuyez un maximum de combats au début, et concentrez-vous sur vos objectifs de quête et sur l’acquisition d’équipement, de compétences et de recettes.
Lorsque vous saurez allumer un feu grâce aux silex, vous pourrez apprendre à créer des feux de camps près de votre toile de tente, à y préparer votre nourriture dans une marmite, à concevoir vos potions etc. C’est une condition sine qua non du gameplay : extraire les ressources minières souterraines, crafter du bois, du cuir, du tissu, de la viande. Apprendre des recettes et formules. Récolter des baies, trouver du sel, cueillir des champignons. C’est en maitrisant les éléments qui vous entourent, ce dont vous avez besoin, que vous pourrez petit à petit vous enfoncer dans les terres d’Aurai, explorer ses donjons, faire la connaissance de ses factions et peut-être y trouver sa place.

C’est quand on joue à deux que l’aventure devient encore plus intéressante. C’est une configuration de jeu qui autorise de nouvelles stratégies de chasse et de collecte (possibilité d’attaquer dans le dos des ennemis et double sac à dos). On devient complémentaire de son partenaire, on forme une équipe au fil de nos spécialisations respectives et surtout on se sent moins seul dans ce vaste monde ouvert et hostile.
Et si ça n’enlève pas la difficulté globale du jeu, ça rend tout de même l’aventure plus conviviale. On vous laissera seuls juges du choix d’un écran splitté horizontalement. Nous on a trouvé ça plutôt agréable, ça permet de conserver un angle de vue confortable. Dans certaines situations, c’est précieux !
En bref, Outward est avant tout un jeu de survie pour un public de préférence avisé et habitué du genre. Le jeu demande d’être patient et de savoir dépasser les moments de frustrations, totalement perdu et vulnérable sur des terres sauvages et inhospitalières ou tout vous apparait être un combat permanent : lutter pour survivre.
Et paradoxalement de comprendre que cette mécanique délivre ce message : dans Outward, inutile d’être « quelqu’un » au départ pour que vous deveniez l’aventurier courageux et émérite qui s’enfonce dans les donjons les plus reculés du monde auquel il appartient.
Gardez toujours l’œil sr la boussole !
On aime :
- L’aspect simulation, assumé et poussé
- La gestion du sac à dos
- Le mode coopératif
- Le K.O scénarisé plutôt qu’une mort
On aime moins :
- Les graphismes, un peu datés et décevants par moments
- Un jeu qui s’adresse surtout à ceux qui aiment la survie
- Les phases de combats pataudes et lentes
- La sauvegarde en continu
Jaz